[Test] M318WL, le picoprojecteur selon Dell

Si tout le monde connait Dell pour ses ordinateurs de bureaux, portables ou ses écrans, on les connait peu dans la vidéo-projection. Un domaine qui, à priori, n’est pas le fort de la société, mais qui pourrait en surprendre plus d’un avec ce tout petit modèle portable, le M318WL, que nous allons tester ici pour vous.

M318WL, le pico petit mais costaud

Tout d’abord, c’est quoi un pico-projecteur? c’est un vidéo-projecteur de taille mini, permettant de le transporter sur soi sans grand difficulté, et qui vous permet de diffuser une image grandiose, presque « comme au cinéma » un peu partout. Bien évidemment, ces modèles ne peuvent s’enorgueillir d’être aussi performants que leurs homologues de salon, mais ont l’avantage de pouvoir vous faire un visionnage de film sur très grand écran, en vacances, ou en allant squatter chez des potes.

Le Dell M318WL ne déroge pas à la règle. Son format riquiqui de 10x10x3.65 cm en font un modèle de petite taille, se logeant parfaitement dans votre sac à dos. Voici ses caractéristiques techniques:

  • Résolution WXGA
  • Résolution native 1280 x 800
  • Type HD: 720p
  • Format 16:10
  • Rapport de projection 1.5:1
  • Contraste (n:1): 10000:1
  • Prise en charge des couleurs: 1,07 milliards de couleurs
  • Durée de vie lampe 30000 heure(s)
  • Dimensions mini d image: 76 cm
  • Dimensions maximales d image: 203 cm
  • Nbre décibels : 36 dBA
  • Dimensions en cm (H x L): 3.65×10.53×10.4

Malgré son format, il n’est pas avare de fonctionnalités. Dans sa robe noire mat du plus belle effet, le pico de Dell a de la gueule, il est sobre, passe partout, et c’est le plus petit pico-projecteur que nous ayons eu en main. Il possède à l’arrière la connectique minimum mais suffisante, à savoir un port HDMI, un port USB, la prise secteur et une sortie audio, pour le connecter à une enceinte externe, par exemple, ou à un amplificateur audio. On y voit également un récepteur infrarouge, pour la télécommande…. qui est absente. Étrange… en cherchant, on s’aperçoit qu’il existe bel et bien une télécommande, mais il faudra vous la procurer en option… Dommage.

Sur les deux cotés, de larges grilles d’aération, car ces petites bêtes fonctionnent tout de même avec une lampe, que l’on trouve sur la face avant, et une technologie confinée dans un petit espace, qui vont chauffer pendant vos soirées cinéma. En parlant de lampe, Dell a choisi d’intégrer une lampe LED fournissant près de 3000 heures de durée de vie, associée à la technologie DLP, la plus répandue dans le marché de la vidéoprojection. Cette technologie a l’avantage d’offrir de très bonnes performances en termes de contraste et de luminosité, quitte à laisser parfois passer quelques artefacts vidéo.

Sur la face supérieure, on trouve le bouton ON/OFF, une large touche multifonction permettant de régler le trapèze vertical, le format de l’image ainsi que la source. Une touche centrale permet de valider ses choix. Une petite touche sur le coté permet d’accéder aux réglages du pico-projecteur. Enfin, deux témoins de température et de lampe défectueuse, en cas de soucis.

Sur le dessus toujours, juste au dessus de la lampe, une molette de réglage du zoom. Plutôt agréable à utiliser, on aurait tout de même préféré qu’elle soit moins accrochante, plus souple, pour un réglage plus minutieux.

Sur le dessous, on trouve un pas de vis standard que l’on trouve sur tous les pieds pour appareils photo. Un bon point, puisque si vous avez quelque part un mini pied que vous pouvez transporter aisément, il vous sera très utile pour installer et positionner votre pico plus facilement.

Il faut savoir aussi que Dell fournit tout le nécessaire pour faire fonctionner son pico dès la sortie de sa boite. Le câble d’alimentation, que l’on trouve d’ailleurs relativement court, il vous faudra vous équiper d’une rallonge électrique pour vraiment le poser partout où vous voudrez, un câble USB afin d’y connecter un lecteur externe, et un câble HDMI, ce qui est rare chez les constructeurs! Le tout dans une pochette bien conçue, compartimentée et de bonne qualité.

En parlant de câble, revenons sur les différentes possibilités de connecter le M318WL. Le pico-projecteur de Dell vous permet donc de connecter via son port HDMI n’importe quelle source vidéo. Une fois connectée, et la bonne source sélectionnée sur le pico, vous verrez s’afficher votre périphérique HDMI.

Le port USB permet, quant à lui, plusieurs type de connexion. Tout d’abord de connecter une clé USB dans laquelle vous aurez copié tous vos fichiers. Mais également un PC via un de ses ports USB. Grâce à cette fonctionnalité vous aurez la possibilité d’accéder au stockage interne de 7Go de votre pico-projecteur, qui sera visible comme un disque dur externe sur votre PC. Ce n’est pas un stockage monstrueux, mais vous pourrez y copier vos présentations ou autre documents, si vous voulez vous en servir comme projecteur professionnel. Mais également de casté l’image de votre PC via le port USB. Tout cela se fait via un réglage à sélectionner sur le pico-projecteur.

Vous avez également la possibilité de connecter votre pico-projecteur sans fil avec votre ordinateur… à condition de vous être procuré avant, la clé sans fil optionnelle.

Un pico pro qui sait aussi faire son cinéma

Maintenant que les présentations sont faites, passons au plus intéressant, l’utilisation du M318WL. Nous avons, dans ces tests, utilisé la connectivité HDMI et le stockage sur une clé USB. A l’allumage, nous tombons sur une belle page blanche estampillée du logo Dell. Alors que la concurrence fonce tout droit vers l’intégration d’Android sur ses pico-projecteurs, Dell fait le choix d’une interface simple… puisqu’il n’y a pas d’interface. En effet, le pico démarre sur la dernière source sélectionnée. Point. Il n’y a donc pas la possibilité d’installer des applications qui pourraient le rendre encore plus autonome. Ce qui est bien dommage, car le M318WL se cantonne à ses fichiers locaux, lorsqu’il fonctionne en totale autonomie, ou via un fil à la patte en le connectant à un ordinateur. Alors qu’on aurait aimé pouvoir y installer Netflix ou MolotovTV, comme nous le faisons sur un PicoPix, par exemple. L’avantage, c’est que le démarrage se fait instantanément, pas de chargement de système ou de fichiers, d’attente d’affichage des icônes…

En allant faire un tour sur les différents réglages, ils sont assez complets et tout à fait compréhensible. Pour l’utilisation nomade que vous en ferez, vous trouverez tous les réglages nécessaires et suffisants. Chose surprenante sur ce genre de petit vidéoprojecteur, la correction automatique du trapèze, proposé dans les réglages. En revanche, la sélection des températures de couleurs nous a paru anecdotique.

Le M318WL possède une résolution de 1280×800 (WXGA) avec une luminosité de 500 lumens. Ce qui est une très bonne chose et le place en haut du panier, quand on sait que dans la même gamme, la concurrence se limite à maximum 350 lumens. Malgré tout, ce peut être faible en condition externe trop lumineuse. En effet, si son utilisation en mode pro pour afficher des présentations ou documents se fera en luminosité ambiante normale, ce qui ne dérangera pas vos interlocuteurs, le visionnage de film, en revanche, risque d’être plus exigeant et demander plus d’obscurité, afin d’apprécier vos vidéos. La faute ne revient pas ici au M318WL, mais aux limitations techniques de ce genre d’appareil.

Nous avons copié sur notre clé USB un film et un épisode de série en 1080p (H264). Visible sur l’interface du M318WL, il suffit de sélectionner le fichiers voulu et de le lancer. Premières impressions, et soyons honnête: s’il ne rivalisera jamais avec un vidéoprojecteur de salon, le pico-projecteur de Dell s’en sort plutôt pas mal. Et surprend même beaucoup! Si la balance des couleurs est relativement bien respectée, elle sont tout de même assez ternes et manque de vivacité. Avec un contraste de 10000:1, les noires ne sont pas d’une noirceur profonde et les scènes sombres sont parfois noyées dans l’obscurité, ne laissant pas ressortir les détails. Vous pourrez jouer un peu sur les réglages de luminosité et de contraste, mais ça sera tout. En revanche sa luminosité de 500 lumens fait des merveilles puisque vous ne serez pas obligé de vous cloîtrer volets et rideaux fermés pour profiter d’une séance cinéma à la maison. La résolution, plutôt faible par rapport à la concurrence, ne pose finalement pas de problème, l’image est très nette, avec un bon piqué, et pas du tout pixelisée, même lors de brusque changement de plan. Au final, le M318WL surprend par ses qualités cinéma qui ne lui sont pas prédestinés, et arrive à nous faire oublier ses petits désagréments, et les séances cinéma improvisées chez des potes ont régalé tout le monde.

Il est malheureusement difficile de rendre à César ce qui est à César lorsqu’on veut montrer les qualité d’un vidéoprojecteur en prenant en photo les images qu’il diffuse. Ne vous fiez pas aux images précédentes, elle ne reflètent pas le véritable rendu qui est bien supérieur.

Si le M318WL comporte une bague de réglage de la mise au point, il n’y a pas de bague de zoom, ce qui fait que votre taille de projection dépendra de la distance du pico-projecteur par rapport au mur (au minimum 30 pouces et maximum 80 pouces). Sachez que plus vous reculer le pico et donc agrandissez l’image, moins l’image sera lumineuse. En ce qui concerne la sortie audio, les 1w de sortie de son haut-parleur intégré ne vous feront pas sauter au plafond, loin de là! Plat, terne, sans profondeur, les hautes fréquences sont mélangées entre elles et les basses inexistantes. si vous avez la possibilité, connectez, via la sorti audio, une petit enceinte portable, parce qu’il faut l’avouer, une grande image, sans du bon son, il manque tout de suite quelque chose.

La navigation dans la vidéo est… laborieuse. Il faut cliquer sur le bouton de validation pour faire apparaître un menu de navigation en transparence. Ensuite jouer de la molette gauche/droite pour accéder à la commande voulue (par exemple avance rapide), la sélectionner avec le bouton du milieu et revenir ensuite sur l’autre commande (par exemple Play) et la sélectionner avec le bouton du milieu… Et là on maudit Dell de ne pas avoir fourni de télécommande d’office!

Le M318WL n’est pas totalement autonome, car il lui manque le plus important pour cela: une batterie. En effet, et c’est sans doute le plus gros regret de ce produit, il devra être branché au secteur en permanence… sauf si vous vous procurez la batterie externe qui vous donnera 2h d’autonomie. Ce qui commence à faire beaucoup d’option à acheter.

 

Conclusion

Sceptique au départ et finalement surprenant à la fin, le M318WL est un bon pico-projecteur. On lui reprochera une ergonomie et un agrément à la ramasse par rapport aux références  du marché que sont les PicoPix de Philips: pas de système embarqué permettant l’installation d’applications, pas de batterie intégrée, pas de sans fil intégré, le Dell M318WL est foncièrement dédié aux présentations professionnelles. Pas de fioritures, allant droit au but, ce choix assumé en fait aussi sa force: vous l’allumez, il est prêt à l’emploi et s’exécute immédiatement. Mais c’était son coté home cinéma et entertainment qui nous intéressait ici, et il faut l’avouer, il nous a beaucoup surpris. Si sa résolution non FullHD peut en freiner certains, il n’en est rien lors de la projection d’un film, le M318WL gère très bien une résolution du fichier en FullHD malgré sa résolution native en HD « seulement ». Mais c’est surtout sa luminosité qui fera la différence, car nul besoin de vous enfermer dans le noir pour en profiter (n’espérez pas visionner un film en plein été, toutes fenêtres ouvertes non plus…). Ses couleurs manques parfois de punch mais finalement, lors du visionnage, on oublie ses petits tracas et on profite réellement du visionnage. En revanche, coté son, nous vous conseillons vivement d’y connecter une enceinte plus puissante que son haut-parleur intégré. Trouver sur le web entre 400 et 500€, cela fait une somme non négligeable pour un vidéoprojecteur de poche. Mais si vous en chercher un pour votre coté pro mais qui puisse vous régaler lors de séances de ciné perso, le M318WL est un choix à surtout ne pas négliger.

Georges (aka. Troylee) est un grand passionné de high-tech, d'Apple, de photo, de cinéma, de musique, et surtout de tous ces baladeurs multimédias et ces casques audio qui ornent ses oreilles. La chevelure au vent sur sa grosse moto allemande, il se pose comme le Don Quichotte des années 2000.

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